Allez préparer la Corse en Creuse !

Chacun sait que le cyclo est organisé. Christiane et Jean-Claude qui roulent depuis leur adolescence, sont parmi les modèles du genre. C’est pourquoi, préparant le Tour de Corse, ils avaient organisé quelques jours en Creuse début mai… Fidèles en amitié, ils avaient convié à cette équipée joyeuse, Roger pour le consoler de ne pas faire la Corse et Henri chroniqueur infatigable des pelotons.

L’entraînement a été excellent… pour une virée en Laponie ! Un froid polaire et même de la neige en bourrasques ne les ont pas quittés. Roger qui n’avait emporté que des cuissards courts a été décongelé en urgence à l’arrivée et Henri a failli en perdre la parole. Quant à Christiane et Jean-Claude, il en aurait fallu davantage pour les troubler !

 

Printemps 2010 en Creuse !

 

Sur les photos du bas, qui évoquent la Retraite de Russie par les Grenadiers de l’Empereur, on distingue Henri et Jean-Claude. Ce qui semble un sourire sur le visage de Jean-Claude est en fait dû au gel de la lèvre supérieure… Quant au haussement de sourcils d’Henri, la prudence m’impose de vous laisser   libres d’imaginer ce qu’il pensait de cette idée Creuse…

En Corse, la virée a été ensoleillée du premier au dernier jour et, cols aidant, il a fallu lutter durement contre… la chaleur !  Curieusement, Christiane et Jean-Claude ont insisté pour que le groupe fasse les courses chez Picard… Encore un effet Creuse !

Bravo à ces héros des congères dont la vaillante lutte contre les éléments honore notre club.

Ci-dessous et pour donner du sérieux à cet article, le compte-rendu de cette randonnée par Henri.

LA CREUSE DU 3 AU 5 MAI 2010.

Christiane et Jean-Claude Jégouzo, Henri Talouarn, Roger Baltayan.

Afin de se préparer pour le tour de Corse tout en pointant quelques sites BPF, Christiane et Jean Claude ont décidé d’éffectuer une randonnée de 450km sur 5 jours, début mai.

En tant que VIP, Roger et moi sommes invités à les accompagner.

Après avoir rejoint en voiture le lieu de départ (LE DORAT – Hte Vienne), nous devions traverser la CREUSE et passer par l’INDRE et LA CHARENTE.

Dès le départ, nous constatons que le temps s’est refroidi et que le vent est très fort. De nos saccoches nous tirons donc nos vêtements d’hiver. Chaudement équipés nous progressons « Nord-Est » alors qu’Eole va en sens inverse. Malgré cet inconvénient et les nombreuses côtes, nous arrivons tranquillement à l’étape d’EGUZON. Nous apprécions le chauffage central qui tourne à plein. Le patron de l’hôtel nous présente le « pavé du nord » qui trône sur son bureau, trophée gagné par son père pour sa participation à plusieurs « Paris Roubaix cyclo ». Quant à Roger, il a immédiatement sympathisé avec le Terre-Neuve.

Le 2ème jour, au réveil, il brumasse. Par chance, au moment du départ, Christiane constate que sa roue arrière est crevée. Le temps que Jean Claude répare, la pluie cesse. Dans la rue, le panneau lumineux affiche 3°C. Comme la veille, les conditions et le relief sont rudes. Une très longue montée nous conduit à TOULX STE CROIX, à 655 m d’altitude. Un épais brouillard bouche l’horizon. La seule habitante que nous rencontrons nous salue, parle de neige et rentre rapidement chez elle. Elle doit encore se demander ce que faisaient là ces quatre petits êtres jaunes. A l’approche de l’étape, à BOUSSAC, un sanglier mort dans le fossé attire notre attention. Il commence à pleuvoir. Les chambres bien chauffées nous ravigotent rapidement.

Le 3ème jour, la descente vers la vallée est aisée. Christiane et Jean-Claude nous demandent de trouver un restaurant pendant qu’ils vont valider le BPF d’EVAUX LES BAINS à 5km de là. A midi, les flocons sont gros comme des noix, mais Roger, optimiste de nature, pense que « cela ne va pas durer ». Le patron, en souriant nous propose une grange pour la nuit à venir, mais quand » faut y aller, faut y aller »!!!. Les flocons sont de plus en plus gros et sérrés. La campagne est vite recouverte d’un manteau blanc. Sur la route, nous empruntons les traces des rares véhicules. Les villages sont déserts, et les chiens qui donnaient de la voix à notre approche sont cachés dans leur niche. Christiane nous fait passer par des petites routes qui, en d’autres circonstances, seraient sûrement agréables. Une longue descente nous emmène sous un viaduc, oeuvre de l’ingénieur EIFFEL. La remontée est ardue. La neige persiste. Les gants et les chaussures sont comme des serpillières.Le froid nous engourdit les mains et les pieds. Nous ne sentons plus les manettes des freins ni des dérailleurs. Après 6 heures de route dans ces conditions, c’est avec un certain soulagement que nous franchissons la pancarte de GUERET. Un panneau indique qu’il est 19h et qu’il fait 4°C. Nous sommes gelés et même congelés. A l’hôtel, notre passage est repérable aux flaques que nous laissons dérrière nous. Nous avons des chambres spacieuses et bien chauffées.

OUF!!!. En raison des circonstances, nous créons une commission, laquelle, à la majorité absolue, décide d’arrêter là la randonnée.

Bien que nous n’ayons pu profiter des paysages ni des édifices, il est indéniable que cette randonnée printanière restera dans nos mémoires.

Nous la terminerons après le réchauffement de la planète….

MAI, joli mois de MAI!!!

Henri TALOUARN

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